Des millions en revenus touristiques à risque à Montréal, selon un rapport
Points à retenir
- Montréal risque de perdre plus de 19 millions de dollars en dépenses de visiteurs en 2026 parce qu'il manquera 26 000 nuits d'hébergement pendant le Formula 1 Grand Prix du Canada 2026 et les Championnats du Monde Route UCI 2026.
- Les prix des hôtels devraient encore bondir cette année. Lors des éditions précédentes du Grand Prix, l'augmentation était de l'ordre de plus de 160 % pendant la fin de semaine avec une offre limitée.
- Pour permettre à Montréal de répondre à la demande pendant les journées les plus occupées de l'année, des modifications à la réglementation sont nécessaires, notamment en donnant aux hôtes suffisamment de flexibilité pour accueillir des voyageurs en tout temps et en mettant à leur disposition un processus d'obtention de permis plus efficace.
Points à retenir
- Montréal risque de perdre plus de 19 millions de dollars en dépenses de visiteurs en 2026 parce qu'il manquera 26 000 nuits d'hébergement pendant le Formula 1 Grand Prix du Canada 2026 et les Championnats du Monde Route UCI 2026.
- Les prix des hôtels devraient encore bondir cette année. Lors des éditions précédentes du Grand Prix, l'augmentation était de l'ordre de plus de 160 % pendant la fin de semaine avec une offre limitée.
- Pour permettre à Montréal de répondre à la demande pendant les journées les plus occupées de l'année, des modifications à la réglementation sont nécessaires, notamment en donnant aux hôtes suffisamment de flexibilité pour accueillir des voyageurs en tout temps et en mettant à leur disposition un processus d'obtention de permis plus efficace.
Une nouvelle analyse indépendante menée par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT)1 révèle que le règlement municipal de la Ville de Montréal, qui restreint la location à court terme dans les quartiers résidentiels entre le 10 juin et le 10 septembre, causera un déficit de plus de 26 000 nuits d’hébergement lors de deux des principaux événements internationaux qui attirent le plus de visiteurs en 2026 : le Formula 1 Grand Prix du Canada 2026 (du 22 au 24 mai) et les Championnats du Monde Route UCI 2026 (du 19 au 27 septembre).
Comme les deux événements tombent à l’extérieur de la période où la location à court terme est permise, la réglementation actuelle ferait perdre à Montréal plus de 19 millions de dollars en activité économique selon le rapport. En restreignant la capacité d’hébergement aux moments où la demande est élevée, la Ville risque de repousser certains visiteurs et de se priver des millions de dollars qu’ils dépenseraient autrement dans l’économie locale.
Des mesures nécessaires pour permettre à Montréal d’accueillir le nombre croissant de visiteurs
Dans ses préparatifs en vue de la haute saison touristique, Montréal doit agir rapidement pour s’assurer d’avoir la capacité d’hébergement nécessaire pour répondre à la demande. Des données récentes montrent que restreindre la location à court terme pendant la haute saison et les grands événements place la Ville en moins bonne posture pour accueillir les visiteurs et profiter pleinement de l’activité économique qu’ils génèrent. Lever l’interdiction saisonnière et simplifier l’enregistrement permettra à Montréal de soutenir les entreprises locales toute l’année, de maximiser les dépenses des visiteurs et de solidifier sa réputation de destination de classe mondiale.
Airbnb presse la Ville d’apporter deux modifications ciblées et concrètes :
- Mettre fin à l’interdiction saisonnière pour les hôtes de résidences principales. Pour que l’économie touristique prospère toute l’année, les Montréalaises et Montréalais devraient avoir le droit d’accueillir des voyageurs dans leur résidence principale en tout temps. La Ville devrait aussi préserver l’exemption actuelle pour les résidences principales dans les zones commerciales et industrielles, parce que l’accueil de voyageurs y est essentiel pour maintenir la capacité d’hébergement et générer des activités économiques dans les quartiers clés qui en dépendent.
- Adopter un système d’obtention de permis simple et entièrement en ligne. L’exigence actuelle d’une visite en personne constitue une barrière inutile pour les résidents voulant devenir hôte. Passer à processus simplifié et entièrement numérique rendrait l’obtention d’un permis plus accessible, efficace et convivial pour les hôtes admissibles.
19 millions de dollars en dépenses touristiques menacés par un déficit de 26 000 nuits
L’analyse de RCGT révèle que Montréal fait face à un déficit de plus de 26 000 nuits d’hébergement pendant le Formula 1 Grand Prix du Canada 2026 (7 000 nuits) et les Championnats du Monde Route UCI 2026 (19 000 nuits). Le problème est particulièrement criant les samedis, alors que la demande est la plus forte et que la capacité hôtelière est la plus limitée.
Montréal perdrait également plus de 19 millions de dollars en dépenses touristiques en raison de la pénurie de logements : plus de 7 millions de dollars liés au Grand Prix et 12 millions de dollars de plus pendant les Championnats de cyclisme. Des sommes que les visiteurs auraient autrement dépensées en restaurants, divertissements, transports et magasins dans toute la ville.
Les prix des hôtels devraient augmenter bien au-delà de la normale du marché
Lorsque la demande dépasse l’offre, les prix augmentent. Les données de CoStar2 montrent que pendant le Formula 1 Grand Prix du Canada 2025, le prix moyen d’une chambre d’hôtel a atteint environ 892 $ le samedi de la course, ce qui représente une augmentation de 167 % par rapport aux fins de semaine normales de la haute saison. Si le déficit de nuits d’hébergement se creuse en 2026, une pression similaire pourrait faire grimper les prix encore plus haut. Se payer un voyage à Montréal deviendrait donc encore plus difficile pour les visiteurs.
« Montréal se prépare à accueillir deux des plus prestigieux événements sportifs au monde, mais l’actuelle restriction saisonnière sur la location à court terme mine la flexibilité de la Ville en plein au moment où la demande sera à son plus haut. Nous savons que la mairesse a reconnu que le règlement ne fonctionne pas comme prévu, et qu’elle est ouverte à la levée de l’interdiction. En modifiant les règles pour permettre aux hôtes d’accueillir des voyageurs dans leur résidence principale toute l’année, en simplifiant l’obtention d’un permis et en maintenant les voies existantes pour devenir hôte dans les zones qui soutiennent déjà l’économie touristique, Montréal pourrait disposer de la capacité d’hébergement dont elle a besoin, prévenir la hausse extrême des prix des hôtels et conserver les retombées économiques de ces événements mondiaux dans ses quartiers et dans les entreprises locales. »
Louis-Martin Leclerc, responsable des politiques, Airbnb
« Selon notre analyse, la réglementation actuelle de la Ville pourrait causer, à court terme, une pénurie d’hébergements. Montréal ne serait donc pas en mesure d’absorber l’afflux de touristes et de visiteurs qui y viennent pendant deux événements majeurs en 2026 : le Formula 1 Grand Prix du Canada 2026 et les Championnats du Monde Route UCI 2026. Ils ont lieu à l’extérieur de la période où la location à court terme est autorisée par le cadre réglementaire »
Jean-Philippe Brosseau, associé, Études économiques, Raymond Chabot Grant Thornton
Exemples à Montréal et dans d’autres grandes villes du monde
Une analyse distincte réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT)3 montre également que la réglementation stricte sur la location à court terme à Montréal n’a pas amélioré le taux d’inoccupation ni fait baisser les loyers à long terme. L’expérience de Montréal s’inscrit dans la même tendance observée dans des villes comme New York, Barcelone et Amsterdam, où des politiques tout aussi restrictives n’ont pas réussi à atténuer les pressions sur le logement et ont plutôt coïncidé avec une hausse des loyers et des prix des hôtels. Sans ajustements ciblés fondés sur les données, Montréal risque de maintenir un système qui limite la capacité d’hébergement précisément au moment où la ville pourrait en tirer le plus de retombées.
Une bouée de sauvetage pour les résidents et l’économie locale
L’interdiction saisonnière pourrait faire plus de tort que de bien. En 2025, il y a eu plus de 600 000 arrivées de voyageurs sur la plateforme. Plus de la moitié d’entre eux étaient canadiens, ce qui confirme la tendance croissante des voyages à l’intérieur du pays.
Pour beaucoup de Montréalaises et de Montréalais, l’accueil de voyageurs est devenu une nécessité financière. En 2025, 54 % des hôtes du Québec se sont tournés vers l’accueil de voyageurs pour absorber l’augmentation du coût de la vie. Pour 76 % d’entre eux, l’accueil de voyageurs était un revenu d’appoint nécessaire. L’impact se fait sentir dans les produits de première nécessité : 58 % des hôtes se sont servis de leurs revenus pour acheter des produits de base comme l’épicerie, et 13 % ont indiqué que l’accueil de voyageurs les avait aidés à éviter une saisie.
En plus de soutenir les résidents, les annonces stimulent la croissance économique hyperlocale. Les voyageurs typiques à Montréal dépensent en moyenne 245 $ CA par jour (sans compter l’hébergement) et plus de la moitié de cette somme est dépensée dans le quartier où ils restent. Les hôtes font profiter les petites entreprises, comme les restaurants et les boutiques, de revenus essentiels, et l’interdiction saisonnière menace cette activité économique.
Pour donner aux résidents, aux entreprises et au secteur du tourisme la flexibilité dont ils ont besoin pendant les plus grands événements qui se déroulent à Montréal, il est essentiel de modifier les règles de location à court terme en place. Avec des changements ciblés, la Ville peut s’assurer de rester concurrentielle et prête à accueillir le monde entier.